Alors que les streamers américains sont confrontés à des difficultés financières croissantes, principalement de rentabilité de leurs services, plus les consommateurs se révèlent être le meilleur soutien de ce business puisque les abonnements ne faiblissent pas.
Source : DEG - D.R.
Les dépenses de divertissement vidéo des consommateurs américains ont augmenté de près de 15% pour atteindre 10,1 milliards de dollars au premier trimestre 2023.
Le marché poursuit sa double évolution : d’un côté les ventes physiques qui rétrécissent de trimestre en trimestre (on notera que le DEG regroupe désormais la vente de DVD et la location dans une même rubrique physique) et de l’autre côté le streaming qui connaît des fortunes diverses selon le mode d’exploitation.
Coup de frein sur le marché physique
En affichant 27% de repli, le DVD ne laisse plus beaucoup d’espoirs aux éditeurs ; il devient d’ailleurs de plus en plus difficile de trouver des DVD en tête de gondole des distributeurs les plus connus comme Wallmart, Target ou Best Buy.
Toujours la SVOD
Si le marché digital affiche une solide croissance de 17,5% à 9,7 milliards de dollars, c’est uniquement grâce au gain de 22% de la SVOD. Car l’EST et la TVOD sont tous les deux en repli de plus de 10%. Pour le DEG, la dynamique de la SVOD s’explique car les services de divertissement ciblés et généraux ont continué d'ajouter des abonnés grâce à de nouveaux contenus et des options de tarification et des paliers soutenus par la publicité.
Le DEG met en avant trois points clés :
Les dépenses au box-office pour les titres distribués aux Etats-Unis au premier trimestre ont continué à croître pour atteindre les niveaux d'avant la pandémie, bondissant de près de 15 % pour atteindre 2,2 milliards de dollars, un signe positif pour les dépenses de divertissement à domicile en 2023.
La chute de la TVOD et de l’EST s’explique probablement par le fait qu'une partie de cette baisse soit due aux nouvelles sorties et puisse s'expliquer par les calendriers de sortie et le windowing, avec plusieurs titres importants sortis au cours de la toute dernière semaine du trimestre, y compris Avatar : la Voie de l’Eau et Creed III.
Le contenu du catalogue n'a diminué que légèrement au cours du trimestre, une amélioration significative par rapport à la même période de l'année dernière où le catalogue avait tendance à diminuer de près de 20 % alors que le marché commençait à se normaliser après la pandémie.
Les contenus premium AVOD et FAST soutenus par la publicité a atteint un revenu publicitaire estimé à près de 4,3 milliards de dollars au premier trimestre 2023, selon les estimations d'Omdia, car davantage de grands diffuseurs ont diversifié leurs offres pour inclure des plans d'abonnement à moindre coût avec des publicités.
Les estimations d'Omdia montrent que les recettes publicitaires ont augmenté de près de 8 % au cours du trimestre par rapport au premier trimestre 2022. Il s'agit d'un ralentissement marqué de la croissance d'une année sur l'autre par rapport au trimestre précédent (Q4 2022), où la croissance était de 22 %.
Et demain ?
La question qui se pose de plus en plus, en dehors de Netflix, est de savoir ce que les patrons des studios vont faire en 2023 pour améliorer les performances financières de leurs services de SVOD dont les pertes croissent plus vite que leur portefeuille d’abonnés. La seule certitude à fin mars est celle de voir la taille du marché du divertissement vidéo battre un nouveau record en fin d’année.
