Le retour de Bob Iger à la tête de Disney ouvre un nouveau chapitre de l’histoire du géant du divertissement, avec comme symbole son service de streaming Disney+. Un service qui a réussi à se hisser sur le podium mondial de la SVOD. Mais à quel prix ! Pour comprendre ce que représente l’engagement de Disney dans le streaming, les comptes du premier trimestre fiscal 2023 tombent à point nommé.
7000 licenciements
Le premier chiffre clé de 2023, c’est celui des suppressions de postes. Pour réaliser son plan d’économies de 5,5 milliards de dollars, Bon Iger n’a pas trouvé d’autre solution que de se séparer de 7000 personnes. Sur 190.000 collaborateurs dans le monde, cela peut sembler peu en valeur absolue, mais impactant en termes d’image.
Le plan d'économies présenté par Disney aux investisseurs
234,7 millions d’abonnés
En additionnant tous ses services de streaming, Disney atteint 234,7 millions d’abonnés, juste devant Netflix et son mono produit qui lui a terminé 2022 avec 230,7 millions d’abonnés dans le monde. C’est évidemment Disney+ qui représente logiquement l’essentiel des abonnés avec 69% du total, puisque c’est le seul service présent à l’international. C’est aussi Disney+ qui a le plus contribué à la croissance, avec un gain total d’abonnés de 32 millions en 2022.
2,4 millions d’abonnés perdus
Disney+ a connu une fin d’année décevante qui se solde par la perte de 2,4 millions d’abonnés. Cette perte d’abonnés est à mettre à l’actif de Disney+ Hotstar qui a vu son portefeuille d’abonnés reculer de 3,8 millions. Dans le même temps, Disney+ en gagnait 200.000 en Amérique du Nord et 1,2 à l’international. Disney+ reste à distance de son grand rival Netflix en Amérique du Nord puisque Netflix revendique 74,3 millions d’abonnés. Et même si Netflix a perdu près de 2 millions d’abonnés en début d’année 2022, la firme de Los Gatos termine mieux 2022 avec un gain de 900.000 abonnés au quatrième trimestre quand Disney+ n’en recrute que 200.000 nouveaux.
9,6 milliards de dollars de pertes cumulées
Malgré la belle progression du chiffre d’affaires depuis 2019, qui est passé de 2 milliards de dollars à 5,3 milliards de dollars fin 2022, le groupe Disney a investi massivement, principalement sur Disney+. Des dépenses qui ont accéléré en 2022 pour atteindre 6,3 milliards de dollars au dernier trimestre. Si bien que les pertes 2022 ont atteint 4,47 milliards de dollars, sur un total depuis 2019 de 9,6 milliards de dollars pour les 3 plateformes de streaming. Une équation économique qui ne peut pas durer, d’autant que Netflix est rentable. Il est donc urgent pour Bob Iger de trouver une issue. Pour l’instant cela s’est traduit par une hausse des prix et par le lancement d’une offre AVOD. Le marché parle aussi d’une potentielle session de Hulu. Mais l’information la plus surprenante a été révélée par Bloomberg : Disney pourrait remettre sur le marché certains de ses programmes et les vendre à d’autres streamers.
51% : Une implantation majoritairement américaine
A la différence de Netflix qui a la majeure partie de ses abonnés à l’international, Disney possède 51% de ses abonnés sur le territoire nord-américain, du fait du poids de Hulu et de ESPN+. Une force sur ses bases, mais une faiblesse internationale, surtout si on isole Hotstar qui pèse pour la moitié des abonnés en dehors des Etats-Unis.
Disney démarre donc sa campagne 2023 dans une situation inconfortable, dans l’obligation de poursuivre le développement de Disney+, tout en rationalisant ses dépenses. Bob Iger va devoir faire preuve de beaucoup d’intelligence et d’agilité pour passer ce cap.
