Les chiffres
Alors que les scénaristes de télévision et de cinéma d'Hollywood font grève pour obtenir des augmentations modérées, le dirigeant de divertissement le mieux payé a reçu près d'un demi-milliard de dollars au cours des cinq dernières années, selon un nouveau rapport du Los Angeles Times.Les faits
David Zaslav, PDG de Warner Bros. Discovery Inc, a été payé 499 millions de dollars entre 2018 et 2022, selon une analyse du Los Angeles Times sur la rémunération des dirigeants de 10 sociétés de médias et de divertissement cotées en bourse. Cela représente 384 fois le salaire moyen d'un scénariste d'Hollywood. Le rapport met en évidence l’écart qui existe entre les dirigeants des grands studios et streamers et les scénaristes. Bien que les responsabilités des uns et des autres soient totalement différentes, le rapport est publié au moment où la tension entre les studios et la WGA (Writers Guild of América).Le point clé
Dans l'ensemble, la rémunération moyenne (incluant les options d'achat d'actions, les salaires de base, les primes et autres avantages) des cadres supérieurs d'Hollywood a atteint 28 millions de dollars en 2021, soit une hausse de 53 % par rapport à 2018 et environ 108 fois le salaire moyen d'un scénariste. Dans le même temps, le salaire moyen des scénaristes d'Hollywood est resté pratiquement inchangé, à environ 260 000 dollars en 2021. Le salaire médian des scénaristes a chuté de 14 % en tenant compte de l'inflation au cours des cinq dernières années, selon les statistiques de la WGA. Bien que 80% de la rémunération des dirigeants soit liée aux portefeuilles d’actions qu’ils détiennent, ces écarts de rémunération constituent une tension supplémentaire entre les deux extrémités de la chaîne de création.Et maintenant ?
Le sujet de la rémunération des dirigeants des services de streaming est loin d’être résolu. Preuve en est, la récente réunion des actionnaires de Netflix en date du 1er juin, au cours de laquelle les actionnaires ont rejeté une proposition d’augmentation des rémunérations des deux co-CEO, Ted Sarandos et Greg Peters. Au-delà de la bataille des chiffres, l’envolée du streaming est en train de provoquer un bouleversement plus profond de l’économie des studios, qui passe probablement par la prise en compte d’une révision des modes de rémunération des différents maillons de la chaîne, des auteurs aux CEO, chacun ayant un rôle à jouer pour garantir la pérennité des plateformes.
La situation
Les consommateurs américains sont sans pitié. Après avoir puni les grands bouquets TV traditionnels (le fameux phénomène du nord-cutting) en leur préférant la SVOD, les voici prêts à faire des infidélités à leurs services de streaming préférés pour aller se perdre dans le flux des plus de 1600 chaînes FAST présentes aux Etats-Unis.Les chiffres
Pour la première fois, l’enquête annuelle de Hub Entertainment intitulée “Best Bundle” a révélé une baisse du nombre de services de streaming utilisé dans les foyers américains. Les "Big 5" SVOD (Netflix, Amazon Prime, Hulu, Disney+ et HBO Max, devenu Max depuis fin mai) ont connu une baisse du nombre d'abonnés depuis l'année dernière. Non seulement l'utilisation globale de l'une des cinq plateformes a diminué par rapport à 2022, mais de moins en moins de ménages ont choisi de cumuler trois plateformes ou plus. Pour la première fois, l’étude montre un repli du nombre de services utilisés après 4 ans qui ont vu leur nombre multiplié par deux.
Les raisons du malaise
Inflation, état de l’économie dit l’étude, mais on peut aussi se dire que l’empilement frénétique des services a aussi ses limites, et qu’elles ne sont pas loin d’être atteintes. En effet, la crise économique que les Etats-Unis traverse a un impact sur le pouvoir d’achat des ménages, mais il faut aussi reconnaître qu’on approche de la saturation du marché SVOD. Et que si cela continue, les vagues de désabonnement massif vont s’accélérer et plonger les studios dans des difficultés imprévisibles.Faire vite avec le FAST
Et comme la nature a horreur du vide, la place laissée par les churners des offres payantes s’est de nouveau remplie avec une offre nettement plus avantageuse économiquement parlant puisqu’elle gratuite. En effet, ce sont les chaînes FAST qui se substituent progressivement à la fois aux chaînes payantes du câble et aux services de SVOD. L'un des points positifs de l'écosystème vidéo reste donc les FAST. Après de fortes augmentations de la consommation en 2021 et 2022, l'utilisation de ces alternatives vidéo gratuites est restée soutenue en 2023 : les chaînes FAST offrent aux téléspectateurs une alternative pour se détendre et surfer sur un éventail de chaînes de streaming linéaires. Moins qualitatives, souvent construites avec des programmes de catalogue, bourrées de pub, les chaînes FAST s’installent doucement dans les habitudes de consommation des foyers.
La suite c’est quoi ?
Tous les streamers se lancent dans le FAST, chacun avec sa touche personnelle. Les deux seuls buts étant, d’une part de continuer à gratter des abonnés pour rassurer Wall Street et d’autre part de diversifier les recettes en ajoutant la ligne Publicité dans leurs BP pour dérisquer les éventuels pertes massives d’abonnés payants. Pour le moment, il est bien trop tôt pour savoir qui a raison ou qui a tort. The show must go on !
