Personne ne vous en veut de n’avoir pas suivi ce qui s’est passé cet été sur le brûlant marché des médias : le replay vous attend ici.
Dans l’étude “State of Play” Nielsen et Gracenote publient des chiffres sur le marché du streaming.
Source : Nielsen & Gracenote - D.R.
Le grand écart. L’étude porte sur un nombre de pays limité : États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Mexique et Allemagne. Elle met en évidence le gigantesque écart en termes d’offre de programmes entre les chaînes linéaire et les streamers. Les services de streaming proposent 4,5 fois plus de titres que les chaînes linéaires, à savoir 516.000 contre plus de 2,34 millions de titres. Mais le plus important est que le nombre de titres proposés a progressé très rapidement chez les streamers : +39% en deux ans. Au total, ce sont plus de 2,7 millions de titres que les consommateurs de ces pays peuvent visionner, près de 1 million de plus qu’il y a deux ans. Au final, les 167 plateformes de streaming pèsent près de 87% de l’offre.
Le retour de la longue traîne. A la lecture de ces chiffres on comprend mieux le stress des chaînes linéaires qui luttent à armes inégales avec les plateformes. Les deux modèles qui s’opposent procurent un avantage aux streamers : celui de pouvoir empiler des millions de programmes à la demande là où les chaînes sont prisonnières de leur logique de flux. On l’avait oubliée : la longue traîne profite aux plateformes. Mais elle leur coûte aussi très très cher : en programmes, en stockage et en bande passante. De quoi les faire revenir à des offres moins quantitatives ?
Dans la bataille du streaming britannique, itvX tire son épingle du jeu. Un exemple à suivre par les chaînes installées de ce côté de la Manche.
Source : ITV - D.R.
Une longue histoire. La chaîne ITV a lancé son premier service de streaming en décembre 2008. De 2008 à 2015, le service s’appelait ITV Player, puis est devenu ITV Hub pour finalement s’appeler ITVX en décembre 2022. ITVX a évolué afin de mieux répondre à la demande du marché, intégrant l'accès à BritBox et à une sélection de chaînes FAST.
2 milliards de vidéos vues. ITVX a atteint les 2 milliards de streams depuis son lancement officiel en décembre 2022. Ce chiffre représente une nette amélioration par rapport aux performances d'ITV en matière de streaming. Si l'on compare les chiffres d'une année sur l'autre, ITVX a attiré 29 % d'utilisateurs actifs mensuels (MAU) de plus entre janvier et juin que ITV, atteignant le chiffre total de 12,5 millions. Il est particulièrement important de noter que le nouveau service attire une nouvelle catégorie de téléspectateurs qui consomment la télévision en streaming, avec une augmentation de 93 % de l'audience dans cette catégorie spécifique au cours des six premiers mois de l'année 2023.
Succès fou. Selon ITV, les téléspectateurs restent également plus longtemps sur ITVX, avec des heures de streaming en hausse de 33% à 737 millions d'heures et une augmentation de 22% de la durée d'écoute au cours de la même période. A la rubrique des succès, la Coupe du monde féminine de la FIFA est le sport le plus regardé par ITVX depuis avril, avec 15 millions de flux, tandis que le Tour de France a été regardé 5 millions de fois, soit une augmentation de 34 % par rapport à l'année dernière.
A la différence de l’Europe de l’Ouest, l’Europe de l’Est compte sur des services locaux pour développer la SVOD, en particulier en Russie.
Source : digital TV research - D.R.
Yandex à la manoeuvre. L'Europe de l'Est comptera 41 millions d’abonnés à la SVOD à la fin de l’année 2023 selon le dernier rapport publié par Digital TV Research. A fin 2029, c’est-à-dire pas tout de suite, la zone devrait en compter 27 millions de plus, soit 68 millions d’abonnés. C’est la Russie qui en gagnera le plus avec 12 millions d’abonnements supplémentaires, suivie de la Pologne avec 6 millions. La première plateforme de la région en termes d'abonnés ne sera pas américaine, mais Kinopoisk, qui n'est disponible qu'en Russie. Kinopoisk est détenue par le géant russe Yandex, mais le service était détenu à 40% par Allociné jusqu’en 2013. Au final, la Russie représentera 53 % du total des abonnements à la SVOD en 2029. Selon Simon Murray, aucune plateforme américaine ne pourra revenir sur le marché russe compte tenu des sanctions économiques en cours.
Home page de Kinopoisk - D.R.
La moitié du marché reste ouverte. L’Europe de l’Est demeure un territoire intéressant à développer en complément des plateformes américaines et cela devrait intéresser des acteurs européens à la recherche d’une expansion européenne.
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